omme les chiens, autour des maîtres fortunés,
Nous sommes les dauphins gais, mâles, forcenés,
Si gros, nous sommes vifs comme des hirondelles.
Nous sommes les héros bénins, libres, fidèles,
Salubres, valeureux, insouciants, virils,
Et notre coup de queue assome les périls.
Nous sommes les joueurs ivres d'eau: l'allégresse,
C'est de mêler la corse et l'Espagne et la Grèce,
Et d'être, dans la mer où se perdent les voeux,
Comme un peigne, tordant la masse des cheveux.
Une joie enfantine est dans notre puissance.
Nous régnons, pleins de paix, de force et d'innocense
Dans les gofles unis que seuls nous dégrafons;
Nous nous ruons, pareils à des traureaux profonds.
Nous poussons dans la vague un triomphe d'écume.
Le matin rit; midi, massif comme une enclume.
Etouffe l'air; mais nous, épais bétail des eaux,
Nous brisons leur fraîcheur alerte à nos museaux.
Le soir, quand le soleil éloigne ses fournaises,
Nous dansons, témoignant que nous sommes bien aises.